Michaël HAYDN (1737 – 1806)
Johann Michaël Haydn est né en 1737 à Rohrau-sur-la-Leitha, petit village situé à une quarantaine de kms à l’Est de Vienne. Issu d’une famille nombreuse, il est le frère cadet de Franz Joseph Haydn. Comme lui, il utilise plus couramment son deuxième prénom.
Enfant, il suit le même parcours que son frère, en entrant en 1745 à la Maîtrise de la Cathédrale Saint-Etienne de Vienne. Il y apprend le chant, les rudiments de théorie musicale et de composition, le catéchisme, le latin, le calcul et la comédie. Il y est apprécié pour sa voix de soprano exceptionnelle. En 1754, il poursuit sa formation chez les Jésuites en étudiant l’orgue et le violon et commence à composer.
Il devient maître de chapelle à Grosswardein (aujourd’hui appelée Oradea en Roumanie) en 1760, au service du nouvel évêque nommé par la reine de Hongrie. Il occupe ce poste pendant deux années pendant lesquelles il écrit une trentaine d’œuvres sacrées.
En 1763, après un passage à Vienne, il est nommé musicien de cour et Konzertmeister au service du prince – archevêque Sigismund von Schrattenbach, à Salzbourg. Il apporte certains éléments du style viennois « moderne » et a déjà écrit 14 messes. C’est au cours des premières années dans cette ville qu’il écrit la majorité de sa musique instrumentale, il devient alors le principal compositeur de la ville. Il se marie en 1768 avec la soprano Magdalena Lipp, Hofsingerin (chanteuse de cour depuis 1765), elle interprète plusieurs œuvres de son mari. Elle chante également le rôle de Rosina lors de la création de La finta semplice de Wolfgang Amadeus Mozart en 1769.
Car Salzbourg est la ville de la famille Mozart avec laquelle Michaël Haydn entretient des relations plus ou moins amicales selon les années. Si les rapports sont plutôt cordiaux et artistiques avec le fils Wolfgang, ce n’est pas le cas avec le père Léopold. C’est en effet avec lui qu’il est en concurrence pour obtenir les postes les plus stratégiques de la vie musicale salzbourgeoise.
L’arrivée d’un nouveau prince-archevêque à Salzbourg, Hieronymus Joseph Franz von Colloredo, en 1772, change l’environnement culturel de la ville. Ce dernier prône la modernisation et la sécularisation. Il exige que les messes soient plus courtes (pas plus de 45 min) et si possible en langue vernaculaire, permettant la participation de l’assemblée.
Ces années sont les moins productives pour Michaël Haydn. En 1777, il obtient un poste d’organiste à l’église de la Trinité, plus grande église de la ville.
En 1782, Collodero met en place de nouvelles réformes en matière de musique d’église. Michaël Haydn est alors nommé en remplacement du jeune Mozart. Il devient organiste à la cour et à la cathédrale. Il a pour ordre d’écrire principalement pour la cathédrale et de remplacer toute la musique d’église composée par son prédécesseur. Il écrit alors des pièces sacrées pour 4 voix, 2 violons et orgue sur des textes extraits du missel romain.
Parallèlement à sa carrière de musicien et de compositeur, Michaël Haydn est un pédagogue reconnu comptant parmi ses élèves les plus brillants Anton Diabelli, Sigismund Neukomm et Carl Maria von Weber.
Au cours des deux dernières décennies de sa vie, Haydn se consacre presque exclusivement à la musique vocale sacrée et profane. Avec les lieder allemands à voix égales, qu’il écrit pour les rencontres en société avec ses amis, il crée le genre nouveau du quatuor pour hommes.
Deux voyages ont conduit Michaël Haydn en 1798 et en 1801 chez son frère à Vienne. En 1800, Salzbourg est envahie par les français et Michaël Haydn perd ses fonctions. Espérant que la situation de sa ville s’améliore, il refuse un poste de maître de chapelle adjoint dans la maison princière Esterházy (protecteur de son frère) à Vienne.
Sa réputation de compositeur s’est étendue au delà de Salzbourg et de l’Autriche, il est en effet nommé membre de l’Académie royale de musique de Suède en 1804.
Johann Michaël Haydn meurt en août 1806, laissant 44 symphonies, une cinquantaine de messes et une multitude de pièces sacrées, un opéra, quelques musiques de scène et plusieurs pièces profanes.
