Bohuslav MARTINU (1890 – 1959)
Bohuslav Martinu est né en 1890, à Policka, petite ville de Bohême en République Tchèque.
Alors qu’il compose déjà de manière autodidacte, il est promis à un avenir de violoniste virtuose et entre au conservatoire de musique de Prague à l’âge de 16 ans. Elève atypique, il refuse de se plier aux exigences de ses professeurs, il est exclu de l’établissement pour « négligence incorrigible ». Néanmoins, grâce à une grande autodiscipline et beaucoup de travail, il persévère dans la composition et il intègre le pupitre des seconds violons à l’orchestre philharmonique de Prague.
En 1923, Martinu décide de s’installer à Paris où il est l’élève d’Albert Roussel et fréquente les milieux musicaux progressistes, dont le groupe de musiciens d’Europe centrale de l’Ecole de Paris.
Ses 17 années parisiennes sont très inventives, le compositeur développe son propre langage dominé par le rythme (influence des danses tchèques) et par l’harmonie (modulations fréquentes et osées). Il compose principalement des œuvres de musique de chambre et quelques opéras, dont le plus célèbre : Julietta aneb Snar (Juliette ou la clé des songes), qui est présenté au public praguois en 1935. Il devient alors l’un des compositeurs contemporains les plus célèbres grâce aux nombreuses interprétations de ses œuvres.
Recherché par les nazis lors de la deuxième guerre mondiale, il est contraint à l’exil et quitte Paris en juin 1940. Après un périple éprouvant dans le Sud de la France et au Portugal, il parvient à se rendre à New-York en mars 1941.
Il s’installe alors aux Etats-Unis, où il obtient sa naturalisation. Il confirme sa maîtrise de l’écriture pour orchestre, en composant ses plus grandes symphonies, qui font sa notoriété à travers le pays. Il est professeur de composition à l’université de Princeton de 1948 à 1951.
Il revient en France en 1953. Malgré plusieurs tentatives, il ne pourra jamais retourner dans son pays natal ; mais son écriture musicale sera toujours inspirée par les souvenirs et la culture tchèque. Il passe les deux dernières années de sa vie en Suisse où il décède le 28 août 1959.
Après Villa-Lobos et Milhaud, Boshuslav Martinu reste l'un des compositeurs les plus féconds du 20ème siècle. Compositeur prolifique, son catalogue est composé d’environ 400 œuvres (dont 6 symphonies, environ 50 pièces de musique de chambre, une douzaine d’opéras et de ballets, beaucoup d’œuvres pour piano seul ou piano et instrument, une dizaine de cantates, des chœurs a cappella pour voix d’enfants, chœurs de femmes, chœurs d’hommes et voix mixtes.)
Ses œuvres vocales et chorales sont empruntes de la tradition populaire tchèque et sont également marquées par l'influence de la musique française de Debussy d’une part et du madrigal anglais d'époque élisabéthaine, d'autre part.
